Géographie
• Situation. Séparée de l'Afrique ( à 400 Km ) par le canal de Mozambique, entre le 12 ° et le 26° parallèle. Traversée par le tropique du capricorne ( Zana-Pehitany Adijany) , à 10km au sud de la ville de Toliara.
- Latitude : entre 11°57' et 23°38', longitude est. 50°17'.
• Superficie. 587 040 km2 (Soit la surface de France plus le Benelux) : c'est la quatrième plus grande île du monde après le Groenland (Danemark), la Papouasie-Nouvelle-Guinée et Bornéo (Indonésie). Les autres Iles malgaches principales sont Nosy Be (360 km2) et Nosy Bohara 200 km2).
• Distances. Paris-Antananarivo : 9 000 km.
- Longueur max : du sud au nord, de Tanjona Vohimena à Tanjona Bobaomby : 1 570 km.
- Largeur max : 575 km d'est en ouest.
- Côtes : 4 828 km.
• Point culminant. Tsaratanana, 2 886 mètres d'altitude.
• Capitale. Tananarive ou Antananarivo (plus de 3 millions d'habitants pour l'agglomération). Altitude : 1 250 m.
• Principales villes. Antsiranana ou Diego Suarez (extrême nord). Taolanaro ou Fort Dauphin (extrême sud-est), Toamasina ou Tamatave (est), Mahajanga ou Majunga (nord-ouest), Toliara ou Tulear (sud-ouest), Antsirabe (centre), Fianarantsoa (centre-sud), Morondava (ouest).
• Forêts. 60 000 km2.
• Réseau routier. 50 000 km environ (dont 1/10e goudronné).
Population
16 979 744 habitants (estimations juillet 2003), dont environ 80% en milieu rural et 20% en ville.
• Répartition (âge). 45% a moins de 15 ans ; 51,9% entre 15 et 65 ans ; 3,1% plus de 65 ans ; age moyen : 17,4 ans.
• Taux de croissance. 3,03% (estimations 2003)
• Espérance de vie. 56,14 ans (58,53 pour les femmes, et 53,82 pour les hommes)
• Taux de natalité. 42,16 0/00 (estimations 2003)
• Taux de mortalité. 11,88 0/00 (estimations 2003)
• Taux de mortalité infantile. 80,21 0/00 (estimations 2003)
• Densité. Environ 28 hab./ km2
• Langues. Le malagasy, parlé (presque) de toute la population ; le français est aussi la langue officielle.
• Nom des habitants. Malgaches
• Alphabétisation. 68,9 % (75,5 % pour les hommes et 62,5 % pour les femmes).
• Religions. Presque toute la population pratique les religions traditionnelles basées sur le culte des ancêtres, mais tous les Malgaches vénèrent leurs ancêtres. La religion chrétienne, représentée à part égale par les protestants et les catholiques, est aussi pratiquée par près de 60 % de la population (phénomène de double appartenance). Il existe également des communautés musulmanes et des minorités chinoises qui pratiquent le bouddhisme, le taoïsme et la version chinoise du culte des ancêtres.
Politique et économie
• Nature du régime. République
• Capitale. Antananarivo
• Fête nationale. 26 juin (célébration de l'indépendance en 1960)
• Constitution. 19 août 1992
• Chef du gouvernement. Marc Ravalomanana (depuis le 6 mai 2002)
• P.I.B. $ 12,6 milliards (estimations 2002)
- P.I.B./habitants. $ 760 (estimations 2002)
- Croissance du P.I.B. 11,9 % (estimations 2002)
- Répartition (par secteurs). Secteur primaire : 25 % ; secteur secondaire : 12 % ; secteur tertiaire : 63 % (estimations 2001)
• Inflation. 7 % (estimations 2001)
• Chômage. 5,9 % ( 1998)
• Pauvreté. Au moins 70 % de la population vit en- dessous du seuil de pauvreté.
• Principales ressources économiques. Agriculture (vanille, girofle, café), élevage et pêche, mines (graphite, chrome, bauxite, mica), sucre, textiles, ciment, papier, tourisme.
• Importations principales. Produits dérivés, pétrole, biens de consommation, nourriture.
• Partenaires principaux (exportations). France (29,9 %), Etats-Unis (27,6 %), Allemagne (6,4 %), Grande-Bretagne (3,5 %), Japon (3 %) (estimations 2001)
• Partenaires principaux (importations). France(24,1%), Hong Kong (7 %), Chine (6,6 %), Singapour (3,5 %), Allemagne (2,9%), Japon (estimations 2001)
• Monnaie. Depuis le 1er janvier 2005, l'ariary a remplacé le franc malgache.
• Drapeau. Blanc, rouge, vert
Son drapeau, adopté en 1959,s'inspire en partie de la bannière rouge et blanche des Mérinas ( ou Hova), la composante majoritaire de la population malgache . Il est probable que cette bannière tire son origine de la forte immigration asiatique des siècles passés, le rouge et le blanc étant des couleurs fréquemment arborées en Asie. La bande verte symbolise les ethnies minoritaires (principalement les Betsimisaraka), qui sont surtout représentées le long du littoral.
Les origines
Parler de l'histoire de Madagascar, c'est d'abord parler de l'histoire de son peuplement. Il n'y a pas de présence humaine sur l'île avant le VIIe siècle, ou du moins n'a-t-on rien trouvé pour l'instant. Les Malgaches sont forcément venus d'ailleurs. Mais de quel ailleurs ? Les types physiques assez contrastés que l'on peut rencontrer du nord au sud, d'Est en Ouest, de plaines côtières en hautes Terres fournissent un semblant de réponse : les ancêtres des malgaches actuels venaient d'Asie et d'Afrique, et même, pour être plus précis, d'Afrique orientale et l'Indonésie.
On sait que les marins indonésiens naviguaient couramment dans l'archipel malais, jusqu'au sud de l'Inde et aux îles Maldives, dès le VIIe siècle. C'était essentiellement des commerçants qui cabotaient le long des cotes. Ils naviguaient sur des pirogues pontées, semblables aux catamarans, se guidaient grâce aux étoiles, et dérivaient parfois : ils ont pu découvrir Madagascar accidentellement. A bord de ces bateaux, il y avait aussi des marins et des serviteurs noirs, sans doute africains, mais peut- être aussi originaires de l'inde du Sud. Ces Indonésiens auraient abordé les cotes malgaches par le nord de l'île, puis caboté d'embouchure le long de la cote est. De là, ils seraient ensuite remontés vers les Hautes Terres.
Petite histoire de la Lémurie
On appelle parfois Madagascar « la Lémurie », et ce n'est pas pour rien. L'île est connue dans le monde entier pour ses joyeux lémuriens, et l'on vient parfois jusqu'ici uniquement pour le voir. Bon, mais qui sont ces drôles d'animaux ? Ces sont des prosimiens, c'est-à-dire un sous-ordre des primates, plus primitifs que les singes qui, eux, appartiennent à un autre sous- ordre des primates, les simiens. Est- ce clair ? D'ailleurs, il n'y a pas de singes à Madagascar.
Mais comment se fait-il que l'on trouve 90 % des lémuriens existant dans le monde à Madagascar, les 10 % restants se partageant entre les Comores l'Afrique, Ceylan et l'Inde ? En effet, alors que Madagascar se serait séparé (presque à l'amiable) du continent africain il y a 120 millions d'années, les lémuriens font leur apparition pratiquement 100 millions d'années plus tard, se propageant jusqu'en Europe, en Amérique du Nord et en Afrique. Sur ces continents, ils finissent par s'éteindre ou sont substitués par des singes ( en Afrique surtout). Pourquoi pas à Madagascar ? Deux théories s'affrontent : soit les lémuriens ont traversé le canal de Mozambique sur des « radeaux »de végétation, soit il existait une langue de terre, un isthme entre Madagascar et la côte africaine, qui fut englouti avant l'arrivée des singes . Quoi qu'il en soit, les lémuriens purent se développer en très grand nombre en raison de l'absence de grands prédateurs et de singes sur la Grande île. Voilà pourquoi leur endémisme est fondamentalement lié à Madagascar. Belle histoire, non ?
Figurez-vous qu'il existait aussi des espèces de lémuriens géants : on en a retrouvé des squelettes très impressionnants... de la taille d'un veau ! Ils furent sans doute chassés par l'homme, et seules les plus petites espèces ont survécu. Les superstitions eurent sans doute également un effet dévastateur. N'oublions pas que lemures en latin signifie « âme errante des morts » ou plus simplement « fantôme ». Il suffit de regarder les lémuriens nocturnes, avec leurs yeux globuleux ou, mieux, le aye- aye et son allure d'extra-terrestre, pour imaginer quelles furent la frousse et la réaction des habitants si souvent tournés vers leurs ancêtre.
Familles et habitudes
Le plus simple est de séparer les lémuriens en deux groupes : les diurnes et les nocturnes, à quelques exceptions près. Les diurnes sont composés des lemurs proprement dits, appelés maki en malgache, et du groupe des propithèques et indris, issus d'une même famille génétique. Quant aux nocturnes, ils se composent de cheirogales, d'hapalemurs et de lepilemurs, le aye-aye formant un genre encore à part.
Arboricoles, c'est-à-dire vivant dans les arbres, ils sont omnivores mais le plus souvent végétariens. Ils se nourrissent de feuilles, de fleurs, d'écorce ou de fruits, parfois d'insectes et de larves, et vivent en solitaire ou en bande. Leurs cris sont souvent caractéristiques. O n en dénombre toute une série allant du cri d'alerte au cri d'amour, certains possédant la palme du cri le plus impressionnant ! Enfin, leur répartition particulière sur le territoire dépend des conditions de vie et du climat.
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